Quelques raisons de ne surtout pas faire un EMBA (executive MBA)

Quelques raisons de ne surtout pas faire un EMBA (executive MBA)

 

La plupart des candidats aux programmes de MBA à temps plein investissent dans ces formations parce qu’ils en attendent une hausse de salaire significative au cours de leur prochain emploi post-MBA. Les écoles de commerce annoncent de manière transparente le retour sur investissement que leurs étudiants peuvent attendre et les banques accordent des prêts qui dans d’autres contextes auraient pu servir à s’acheter un toit pour permettre de financer ce parcours. Des sites de conseil aux candidats peuvent proposer des calculateurs de ROI et les classements internationaux des MBA prennent souvent en compte ce critère pour noter les formations – je pense notamment à Forbes qui a innové en ce sens. Certains classements prennent également en compte le niveau de salaire attendu après le MBA.

L’Executive MBA est une formation qui présente un contexte totalement différent. Il est n’est pas conçu pour conduire de manière aussi directe à des augmentations de salaire que les MBA classiques. Les employeurs, qui soutiennent souvent certains de leurs employés sélectionnés à poursuivre un EMBA soit en leur payant les frais de scolarité ou en leur offrant du temps libre, n’anticipent pas de leur faire systématiquement bénéficier de cet effet de levier sur salaire. Les personnes et les entreprises et les organismes veulent se transformer dans un marché toujours plus concurrentiel. Cultiver des cadres qui peuvent les aider à changer et à suivre voire mieux, à anticiper les changements du marché est bien plus précieux que l’organisation d’un pool de gestionnaires qui se préparent à bénéficier de leur prochaine augmentation.

Les entreprises attendent de leurs EMBA qu’ils apportent de nouvelles perspectives lors de leur retour à l’emploi, et d’être armés pour être en mesure si nécessaire de prendre des décisions difficiles. Garder cette expertise au sein de la société est d’une valeur inestimable. L’année dernière, au cours d’un programme EMBA, par exemple, un étudiant américain a passé une après-midi libre à recruter du personnel pouvant potentiellement intéresser son employeur à Bangalore. Il a appris à recruter les meilleurs éléments en interne et a appliqué sa méthode concrètement en prenant une initiative.

Il est assez facile d’embaucher un consultant pour se faire conseiller sur de nouveaux marchés. Ou vous pouvez chercher à développer et retenir cette compétence parmi vos employés. La construction de compétences en internes ne peut se reposer uniquement sur des sessions de formation continue classique ou encore sur l’expérience acquise sur le terrain. Il est parfois nécessaire de pousser un cran plus loin en investissant ou plutôt en co-investissant dans une formation de type EMBA.

Les entreprises intelligentes voient un programme EMBA comme un moyen d’atteindre des objectifs spécifiques – qui peuvent être d’une grande variété comme tirer parti d’un vaste réseau d’écoles pour trouver de nouveaux employés ou recueillir des renseignements sur un nouveau marché. C’est ainsi que doit être anticipé le nouveau calcul de retour sur investissement pour vous lancer dans Executive MBA. La question est de savoir si vous y trouvez bien votre compte ou non. Mais dites-vous bien qu’on ne peut avoir le beurre et l’argent en même temps. Le delta sur salaires des MBA classiques s’opère quasiment toujours suite à un changement de poste ou/et d’entreprise. C’est cette rupture, qui est a priori inconfortable qui génère après coup un retour financier important pour le candidat au MBA. Dans le cadre d’un EMBA souvent financé par votre entreprise, il est exclu contractuellement de quitter celle-ci directement après votre formation et donc tout se joue en interne, où les évolutions sont forcément plus restreintes que ce que la diversité du marché du travail pourrait vous proposer…

En synthèse n’ayez surtout pas les mêmes attentes pour votre EMBA que pour un MBA classique, si votre objectif se résume à “plus haut salaire” et “nouvelles opportunités”, il se peut bien qu’un EMBA ne soit pas pour vous.