Mais au fait, avec vous des chances d'être sélectionnés pour le MBA de Harvard?

Mais au fait, avec vous des chances d’être sélectionnés pour le MBA de Harvard?

Il n’y a rien de pire que de jeter votre dévolu sur un programme de MBA, de vous plonger dans le processus de candidature, et de  vous donner à fond pour être accepté … pour vous rendre compte qu’en fin de compte vous n’aviez jamais eu aucune chance  d’atteindre votre rêve. Certains MBA sont simplement intraitables sur ce qui peut être considéré comme des faiblesses dans certaines candidatures et ils recherchent des atouts spécifiques que vous n’avez peut-être pas. Cela ne signifie en rien que c’est un projet à enterrer. Mais cela signifie qu’il faut prendre le temps de caler votre profil aux exigences des programmes que vous visez.
En ce qui concerne le MBA de Harvard, l’âge du candidat est un critère discriminant. La plupart des gens savent que Harvard est un programme dont les participants sont plutôt jeunes en comparaison de nombreux autres MBA.  Laissons parler les chiffres: plus de 60% de la promotion de l’automne 2013 avait quitté l’université moins de quatre ans avant de postuler à Harvard. Si vous êtes âgé de plus de 30 ans il ne faut donc pas traîner pour votre candidature et même sérieusement envisager le programme executive lorsque ce sera le moment.

Autres drapeaux rouges au MBA de Harvard: votre score aux tests GPA et GMAT. Ce qui est spécifique à Harvard, c’est la relatve  tolérance aux scores jugés en deçà des standards à ces tests. En fait les recruteurs de Harvard peuvent compenser un score passable au GPA par un excellent score au GMAT et inversement. Entendons-nous, passable à Harvard signifie déjà au dessus de 700 au GMAT.  En comparaison, la plupart des programmes de MBA les plus élitistes sont moins indulgents que Harvard face à un «faible» score au GMAT (on parle d’un score en dessous de 680 points), alors qu’ils pourraient être plus disposés à passer outre à un faible GPA.

Harvard a donc tendance à faire moins dépendre le succès de ses candidats des scores obtenus aux tests. Il y a sans doute un esprit Harvard dans ce fait, du type “nous sommes Harvard, on est assez grands et intelligents pour ne pas  nous faire dicter nos admissions sur les scores à un test”. Il y a aussi un risque moins élevé pris par la vénérable institution HBS à accepter dans ses rangs des candidats dont les scores auraient déjà fait fuir d’autres recruteurs de MBA moins prestigieux.

Considérons par exemple les deux MBA suivants: Harvard et Yale SOM. Yale SOM dispose d’une promotion 2016 de 323 étudiants et une moyenne obtenue au GMAT de 720. HBS dispose d’une promotion de 935 étudiants et d’une moyenne au GMAT de 730. De toute évidence, les deux institutions attirent un grand nombre de candidats. Cependant, Harvard a tout simplement plus de flexibilité pour prendre un  -petit – risque sur quelques étudiants qui ne correspondent pas complètement au profil d’excellence académique selon les standards classiques. Imaginons ces deux institutions face au dilemme de choisir d’accepter ou non 9 candidats excellents mais qui ont un score moyen catastrophique de 630 au GMAT.

Regardons l’impact de l’acceptation de ces 9 candidats pour Harvard et pour Yale: la moyenne de Harvard au GMAT passerait de 730 à 729 alors que celle de Yale passerait de 720 à 717. Bref, Yale perdrait 3 points au GMAT contre 1 point à Harvard, de quoi avoir un impact négatif dans les classements US News et consorts qui accordent de l’importance au score moyen des promotions pour leur système de classement…
Mais il y a encore un paramètre à prendre en compte pour expliquer la plus grande prise de risque d’institutions comme Harvard par rapport à des maisons moins prestigieuses comme Yale: le ration d’acceptation des offres par les candidats eux-même. A Harvard, 90% des candidats qui reçoivent une offre vont rejoindre les bancs du MBA in fine alors que pour des MBA moins en vue comme à Yale, on estime que 50% des candidats seulement vont accepter l’offre in fine. Cette incertitude joue en défaveur de la prise de risque concernant les profils un peu moins “académiquement compatibles” au sein des institutions secondaires. Car imaginez que sur un panel de 20 candidats acceptés à Yale, dont les 9 de notre exemple ci-dessus avec de mauvais scores au GMAT, 10 soient finalement des étudiants de Yale. Et si parmi les 10 on compte 9 étudiants avec des scores faibles au GMAT…c’est la catastrophe pour le comité d’admission du MBA, qui se verra reprocher d’accepter n’importe qui…
 C’est donc une bonne nouvelle pour votre candidature!
Dernier biais que je souhaite soulever: le fait de considérer tant de “jeunes” candidats, donne une importante démesurée à Harvard concernant les résultats académiques. Les candidats étant jeunes comme on l’a dit, les recruteurs focalisent sur leurs performances académiques qui ne sont pas si lointaines et minorent de ce fait leurs réalisations professionnelles qui sont généralement considérées comme non achevées chez la plupart des candidats. Un mauvais dossier académique serait donc un sérieux handicap pour être sélectionné à Harvard.