La gestion interne au sein du MBA de l'IE est-elle à la hauteur?

La gestion interne au sein du MBA de l’IE est-elle à la hauteur?

 

Si le MBA d’une institution se jauge à l’aune des résultats des anciens élèves en termes d’emploi, de salaire et de réseau, il n’en reste pas moins que les modes de fonctionnement internes de l’institution donnent de précieuses informations sur sa stratégie et son avenir. Je passe du temps à repérer les retours des anciens élèves mais aussi des employés des différentes institutions. Par conviction tout d’abord, car pour reprendre la célèbre phrase de Jean Bodin, “il n’est de richesses que d’hommes” mais aussi par pragmatisme, étant moi-même en lien professionnel avec nombre d’institutions et d’écoles de commerces en France, je sais par expérience que les modes de fonctionnement internes reflètent fidèlement la voie que va prendre la structure en question dans le futur.

 

L’ascension du MBA de l’IE est-elle durable?

 

Car même une institution d’excellence ne peut pas résister à l’érosion de son éclat si ses employés ne s’y développent pas correctement, que le turn-over et le ras-le-bol deviennent la norme etc. Cela se ressent alors immédiatement au sein des promotions, car un professeur qui rumine des griefs contre son employeur dégagera ce sentiment négatif auprès de ses élèves, surtout au sin d’un programme MBA où les enseignants ne peuvent pas faire comme à l’université en se cachant derrière leur approche purement académique. Les MBA mettent en jeu tant d’interactions que les étudiants ressentent très vite que quelque chose cloche dans le système. Un système qu’ils paient chèrement par ailleurs, ce qui rend ce sentiment d’autant plus difficile à accepter.

 

Des points essentiels à vérifier pour le candidat

 

Ce long préambule pour vous livrer mon opinion à propose du MBA de l‘IE: cette formation va vivre des années cruciales dans les temps qui viennent, qui impacteront son rayonnement futur sans doute plus que ses concurrentes. Je m’explique: dans le monde des MBA, l’IE fait figure d’étoile dont l’ascension a été fulgurante ces 15 dernières années, en passant d’une position de MBA de 3è catégorie voire 4è catégorie (selon ma définition que vous trouverez en détail dans les articles de la section MBA ranking) à une MBA visible et reconnu mondialement. Mais les ascensions fulgurantes sont parfois risquées et peuvent donner lieu à des dégringolades aussi impressionnantes.

L’atout majeur qu’on joué les dirigeants du MBA de l’IE a été une approche managériale vraiment innovante, ils ont véritablement cassés le modèle classique de fonctionnement des Business Schools européennes et même dans une certaine mesure américaine, en proposant un système reposant quasiment à 100% sur le marché. Exit les postes d’enseignant à temps plein dont le salaire est assuré statutairement, et bienvenue aux interventions qui collent exactement aux besoins des étudiants du moment. Ce type de fonctionnement a jusqu’ici largement réussi à l’IE, en témoignent ses classements impressionnants. Mais si vous lisez les articles de ce blog depuis quelques temps, vous savez à quel point les classements m’intéressent mais ne m’impressionnent pas.

Ce qui m’impressionne en l’espèce, ce sont les retours négatifs exprimés par une dizaine d’employés et anciens employés de l’IE concernant leur satisfaction à travailler au sein de cette structure. On y retrouve des griefs indignes d’une telle institution. Les professeurs et anciens professeurs reprochent notamment de maigres perspectives professionnelles, un manque de système méritocratique – ce qui est un comble lorsque l’on souhaite innover dans le management – , une inertie concernant les évolutions, le manque de reconnaissance, la confiance cassée avec le management de l’école et surtout le manque de transparence qui revient souvent. Lorsque l’on adopte un  modèle innovant, il est essentiel de le communiquer proprement aux employés, surtout lorsque ces derniers sont des professionnels du management: ils seront en mesure de comprendre. Il apparait que l’IE n’a pas réussi en interne à concrétiser ses performances impressionnantes en externe. A terme, cela pourrait bien être préjudiciable à cette belle machine qui n’est malgré tout qu’un challenger dans le monde des MBA d’excellence. Je vous engage donc en tant que futur candidat à bien sonder vos contacts et les anciens élèves des dernières promotions afin de vous faire votre propre opinion sur ces modes de fonctionnement qui seront bientôt partie intégrante de votre vie dans les mois qui viennent.