Le MBA de l'IESE permet-il de travailler aux Etats-Unis?

Le MBA de l’IESE permet-il de travailler aux Etats-Unis?

 

Le MBA de l’IESE est une formation d’exception qui occupe depuis plusieurs années le haut des podium avec ses concurrents de l’INSEAD et de la LBS. Ce type de reconnaissance internationale est attesté par la diffusion d’une image de qualité par l’intermédiaire des plus grands médias économiques comme Forbes, The Economist ou encore The Financial Times.

 

Au delà des classements, l’IESE est-elle un bon plan pour travailler aux USA?

 

Ceci étant dit, mettons-nous à la place d’un candidat qui souhaite ouvrir une nouvelle page de sa carrière aux Etats-Unis: l’IESE est-elle un bon choix pour cela?

Il faut bien comprendre que le marché américain est vraiment à part dans le monde des MBA. Le concept de MBA a été inventé aux USA mais cela n’est pas une raison suffisante. Après tout les grands vins de France connaissent une forte concurrence des vignobles hors de l’hexagone et pourtant les classements des grands crus ne constituent pas pour autant une catégorie à part pour les vins français. Mais pour les MBA c’est différent et les classements les plus acceptés dans le secteur différentient par défaut les MBA américains des autres. Cela n’est peut-être pas toujours justifié, d’où l’existence de classements globaux, mais c’est un fait, les MBA américains constituent une catégorie à part entière.

 

Cela se comprend dans la reconnaissance dont bénéficient les MBA hors USA aux Etats-Unis. Il y a clairement un déficit de reconnaissance. L’IESE ne peut pas rivaliser avec le top 10 des meilleurs MBA américains pour qui souhaite trouver du travail aux Etats-Unis. Bien sûr, dans le microcosme des MBA, et je veux y inclure les enseignants des Business Schools, les anciens diplômés de MBA et évidemment les recruteurs de MBA, l’IESE est un nom connu et qui draine une réputation de qualité. Mais hors des classements, on peut dire que les professionnels américains ne connaissent pas grand chose de cette institution. Ce déficit d’image n’est pas réduit à l’IESE, c’est vraiment un challenge pour toutes les formations européennes.

 

Un investissement sur le long terme

 

En comparaison de la reconnaissance et du réseau de ses deux principales concurrentes, l’IESE accuse un léger déficit. L’INSEAD et la LBS ont développé depuis plus longtemps que l’IESE leur réseau nord américain. Mais cela ne signifie pas que la situation soit bloquée. L’IESE a ainsi décidé dernièrement d’ouvrir un campus à New-York. Cet ancrage local est essentiel pour garantir la connexion d’une telle institution avec le marché américain, tisser les liens nécessaires à de futurs recrutements etc. Dans cette perspective, le nouveau campus est un point positif mais insuffisant à lui tout seul à renverser immédiatement la vapeur dans un contexte où l’inertie (des recruteurs, des employeurs potentiels) est une caractéristique clé, entraînant un impact des actions sur le moyen-long terme.

L’analyse du campus de l’IESE à New-York appelle les commentaires suivants: tout d’abord ce campus est tout jeune à l’échelle des MBA car il a été ouvert en 2007. Il faut remarquer qu’il ne s’agit pas – comme pour certaines Business Schools françaises que je citerais pas – de simple bureaux d’enregistrements ou de représentation avec 2 FTE qui travaillent en tout et pour tout. Le campus américain de l’IESE propose une vraie gamme de formations, compte des étudiants et dispose donc d’une force de frappe réelle pour ancrer l’IESE aux Etats-Unis. Maintenant, je suis un peu perplexe de constater que les programmes proposés sont quasi-exclusivement des programmes “executives”. Il ne proposent pas de modalité de faire son MBA à New-York par exemple, ce qui est un léger inconvénient pour les liens entre la maison mère espagnole et sa branche américaine.