MBA ranking

Comme les professionnels du recrutement en MBA, ne faites pas confiance aux classements !

L’un des sites de préparation aux entretiens dans le MBA américains, qui sont rappelons-le, légion de l’autre côté de l’Atlantique, a réalisé une enquête d’opinion informelle auprès de ses clients et internautes, concernant la confiance que ces personnes versées dans le secteur des MBA les plus prestigieux, accordaient aux fameux classements annuels des meilleurs formations mondiales.

Le résultat de cette enquête a de quoi laisser songeur. J’ai reproduit le camembert de restitution des données de cette enquête d’opinion: alors que les candidats francophones se basent principalement sur les classements mondiaux publiés par les grandes officines médiatiques Financial Times et The Economist, ces deux classements sont ceux qui recueillent le moins de suffrage de la part des sondés: seulement 10 et 5% des professionnels et candidats leur accordent leur confiance!

La mise en place d’un classement de MBA est un exercice complexe pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il est nécessaire de prendre en compte plusieurs angles d’analyse pour jauger des formations de type MBA. Prendre la perspective des employeurs futurs, mais aussi des élèves et du corps enseignant. Hors recueillir ces informations et les actualiser chaque année de surcroit prend du temps, ce qui explique que les travaux sont souvent “bâclés” et répétés d’une année sur l’autre. De plus, il est nécessaire de recueillir une taille critique en termes de réponses par exemple de la part des étudiants de MBA, pour que ces derniers donnent leur avis sur leur propre MBA. Ces étudiants n’ont souvent pas que cela à faire et les sondeurs se retrouvent alors le bec dans l’eau avec un trop faible nombre de données à analyser. Dans ce cas, certains décident de mettre la clé sous la porte, comme le classement Business Review, qui a annoncé cette année ne plus renouveler plusieurs de ses classements faute de retour suffisant des élèves de nombreuses institutions. D’autres décident d’exclure de leur classement certaines institutions qui ne répondent pas assez. Mais alors, les classements deviennent ubuesques et peuvent parfaitement donner lieu à des résultats sans valeur.

Mais les évaluateurs doivent aussi jouer sur un délicat équilibre entre inertie et innovation. Inertie tout d’abord car le haut du tableau dans tout classement est accepté d’office par le grand public et les professionnels. Que les meilleurs MBA du monde soient Harvard et Stanford ne fait aujourd’hui de doute pour personne. La méthodologie des classements doit le prendre en considération pour que le jeu de paramètres utilisé soit compatible avec ces fondamentaux. A l’inverse, si les classements restaient trop statiques, ils perdraient de leur intérêt aussi, d’où cette propension calculée à faire émerger de nouveaux visages et à casser les images les plus acceptées par le secteur. C’est un vrai jeu d’équilibriste auquel doivent se plier les plus grand classements de MBA. Dans le prochain article sur ce sujet, je vous révèlerai une analyse toute personnelle de ces classements.