Les classements des MBA doivent parfois être pris avec des pincettes: un exemple concret

Les classements des MBA doivent parfois être pris avec des pincettes: un exemple concret

 

Je ne suis pas un adepte des classements des MBA. Non que je remette en cause leur utilité mais je pense que les candidats doivent prendre le temps de s’en détacher un minimum. Je voudrai vous illustrer mon propos en analysant l’un des classements américains qui fait couler beaucoup d’encre: celui de la Princeton Review et du site Entrepreneur. Princeton est une institution digne de respect, même si Princeton Review n’a pas à être confondue avec l’Université, tout comme le site entrepreneur qui dispose, dans le monde de l’internet, de ce que l’on appelle de l’autorité. Mais même les meilleurs peuvent se tromper. La preuve.

Aujourd’hui, dans son classement c’est le MBA de Harvard qui occupe la première place mais cela n’a pas toujours été le cas. En fait, je prend l’exemple de ce classement spécifique car il a déjà fait couler beaucoup d’encre. Il n’y a pas si longtemps, la première place du classement des business scholl américaines les plus avancées en entrepreneuriat laissait la première place au programme de MBA du Babson College. Le reste du top cinq? On compte l’université du Michigan, Rice University et Stanford.
Si vous vous demandez où  se trouvent MIT, Berkeley et Wharton c’est simple, ils n’ont pas l’honneur de figurer dans le top 25!

Pendant plusieurs années, Harvard dont un bâtiment entier est dédié à l’entrepreneuriat au sein du Centre Arthur Roche, nommé d’après l’ancien de Harvard qui a tant investi dans Apple et Intel ne figurait tout simplement pas dans ce classement, au motif que l’institution refusait de coopérer avec les petites mains du classement de la Princeton Review…

Quant à Stanford, qui se situe au milieu de la Silicon Valley, pépinière d’entreprise du monde que chaque nation émergente cherche à reproduire, elle occupe simplement la cinquième place du classement.

En fait, un classement repose sur sa méthodologie et sur la pondération entre les différents critère de scoring. Peu de méthodologies peuvent se prévaloir d’être irréprochables, et pour avoir passé plusieurs années en études statistiques, je sais bien qu’en jouant sur un panel de données, on peut orienter sensiblement les conclusions d’une étude quelle qu’elle soit. Les classements des MBA mondiaux ne dérogent pas à cette règle. Lors de mes enseignements dans une grande école de commerce française classée par le Financial Times, l’administration de l’école partageait sa lassitude fasse aux professionnels des classements qui représentent parfois la caricature du consultant: ils demandent un tas de données aux écoles, travaillent dans leur coin et font attendre anxieusement le résultat de leur évaluation aux responsables pédagogiques et académiques, dont la carrière peut être faite ou défaite selon les classements.

Bref, gardez de la hauteur face aux classements, même si tout n’est pas à jeter loin de là, il ne faut pas non plus les laisser guider votre orientation professionnelle, surtout lorsque l’enjeu financier atteint des sommets comme dans les MBA.